Depuis bientôt 30 ans l’Apethi/ compagnie Si l’on rêvait chemine au sein du spectacle vivant avec à la clef de nombreuses créations.

Tout d’abord ce furent des créations collectives mettant bout à bout les idées des uns et des autres. Au fil des saisons nous avons fabriqué nos outils, les avons affinés puis vint le temps des premiers bilans. Le public avait exprimé un bel accueil et à de nombreuses reprises, manifesté son enthousiasme. Virage ou trajectoire affirmée nous avons alors décidé de nous mettre en chantier vers des adaptations de textes et ouvrages issus de la littérature ancienne et contemporaine.

Cervantès, Paasilinna, Gorky, Brecht, Homère, Machado de Assis et bien d’autres auteurs nous ont guidés pour ce voyage.

Suite à notre dernière création « La maison verte » d’après l’œuvre de Machado de Assis créée au Grand angle de Voiron en mars 2016, nous avons décidé de nous inspirer d' une œuvre célèbre de Molière « Le malade imaginaire ».

Le choix de nos créations a toujours été en rapport avec le regard porté sur la ou les différences. Une Satire contemporaine de la société entre causes et effets, choix et contradictions.

Satire. Pièce de vers où l'auteur attaque les vices et les ridicules de son temps. Pamphlet ordinairement mêlé de prose et de vers, dans lequel on s'attaque aux mœurs publiques. Écrit, propos, œuvre par lesquels on raille ou on critique vivement quelqu'un ou quelque chose.( def/ Dictionnaire Larousse)

Ce sont les médecins qui sont plus particulièrement visés par la satire dans le Malade imaginaire : ce sont des personnages intéressés (Monsieur Purgon) ou pédants et prétentieux (Monsieur Diafoirus et son fils). Molière se moque aussi de la médecine, art de l'incompétence qui se dissimule derrière de grands mots savants (« bradypepsie », « dyspepsie », etc.) : Toinette et même Argan se révèlent être de meilleurs médecins que les professionnels !

Est-ce la maladie qui fait le malade ou l’inverse ? Peut-être un peu des deux !

L’économie que la maladie génère est fort lucrative, de là les pires débordements, scandales et autres pratiques malhonnêtes.

L’actualité de ces dernières années  en est la preuve (scandale du sang contaminé, vrai faux cholestérol, vaccins à écouler à tout prix etc..) et pourtant ! Il n’y a jamais eu autant de pub pour les laboratoires pharmaceutiques et multiples dérivés.

Les lobbyings des industries chimiques sont puissants qu’il s'agisse de la pharmacopée ou de produits: engrais, pesticides et dérivés. Le gâteau à partager est de belle taille et les luttes en bourse virulentes.

Le malade lui, imaginaire ou non, est fort démuni quoiqu’il en soit.

Dans l’œuvre de Molière, les médecins considèrent la mort comme un accident négligeable, mais excellent en tant que moyen de pression sur leurs malades. Argan avoue : « Monsieur Purgon dit que je succomberais s’il était seulement trois jours sans prendre soin de moi. Cela devient une obsession pour lui et sa peur constante le fait consommer sans limite toute forme de médications.

C’est sur ce terrain que la farce se situe, puisqu'au fil de l’histoire on va voir un Argan qui petit à petit va reprendre ses marques et finir par se libérer.

Nous mettons en œuvre une adaptation de cette pièce en nous appuyant sur nos outils : musique, chants et danse (correspondant aux intermèdes et articulations des 3 actes), image et scénographie (correspondant à la mise en situation contemporaine de la pièce) et bien entendu la partie plus théâtrale qui sera, tout en respectant l’œuvre de Molière, une rencontre entre alexandrins, onomatopées et grommelos. Une libre adaptation entre maux et mots.

C’est sa construction qui donne à cette pièce son caractère remarquable. Tout semble condamner ce pauvre Argan qui est au bout du rouleau et prêt à tout pour être rassuré. Il se voile la face et de fait en oublie l’essentiel qu’il essaie de combler avec ses multiples expédients.

Traité de ce sujet est fort intéressant tant l’essentiel est difficile à définir sans que morale et clichés ne nous rattrapent.

Les répétitions ont commencé, le chantier est lancé.

Création  les 24, 25, 26 avril 2018

au Grand Angle de Voiron.

Petite forme

A l’Apethi chacun a sa place, sa responsabilité, valide ou en situation de handicap, ce qui donne à notre compagnie sa spécificité.


Cela implique un rythme de travail assez lent correspondant au temps nécessaire à chaque personne pour construire son personnage, le gérer et l’interpréter et ce quel que soit son handicap.


Certains des membres de l’équipe étant en capacité d’avancer plus vite, nous avons donc décidé entre chaque création qui réunit l’ensemble des participants, de mettre en œuvre des petites formes permettant à chacun de s’y retrouver au mieux et surtout de maintenir la cohésion de la compagnie.


Petite forme dit aussi structure légère et plus mobile et de fait plus simple à mettre en œuvre, à tourner et à financer.


« Du domaine des murmure »  de Carole Martinez , lecture musicale pour 5 voix et 2 musiciens, crée dans le cadre de « livre à vous » à Voiron en 2014 nous a permis de nous essayer à cet exercice .Le bel accueil du public lors de la tournée en pays voironnais donne vraiment envie de poursuivre ce travail.


L’introduction de notre dernier spectacle «  La maison Verte » adaptée de Machado de Assis et créée au Grand Angle de Voiron en mars 2016, présentait quelques lettres issues de l’ouvrage « correspondance censurée de la nef des fous ». Nous souhaitons donner suite à ce travail avec un montage de ces" lettres oubliées" et de passages de "l'anthologie essentielle" de Fernando Péssoa en jouant sur la musique des mots et la rythmique du cœur.


Une lecture à 4ou5 voix et 1 musicien.



Sortie prévue printemps 2018.